Une taille libertine entre ses mains viriles.

Une taille libertine entre ses mains viriles.

Le sel de cette marée haute ne le gène en rien. C'est comme si tout s'envolait. Pieds nus, transits par le froid de l'eau qui va et vient. Honte à toi et à ta maigreur. Honte à moi et à mes pleurs. Un hiver en bord de mer. La neige ne tombe plus depuis belle lurette. Le sable y ressemble, on pourrait croire à un tapis de flocons. Mais on ne se laisse pas berner. Il se tourne et pose sur mon corps à moitié nu un regard atone. Je caille. Lui aussi, mais il ne l'admettra pas. Il me regarde et jamais, au grand jamais il ne m'a regardée ainsi. Sans haine, sans ressentiment. Son teint est au plus pâle. Hâlé tout au long de l'année, même dans sa pâleur, il reste bronzé, plus bronzé que moi. Et ses yeux chocolat sans lait se perdent là bas, là où je ne suis pas. Le vent vient affronter son corps. Il ne bouge pas, et une vague vient frapper ses jambes recouvertes d'un lourd pantalon kaki. Mon squelette se met à hurler contre le froid. Il a du entendre ses cris...
- Allez, on rentre.
© Avant-moi

# Posté le mercredi 16 décembre 2009 20:30

Modifié le jeudi 17 décembre 2009 07:17

Il neige! :D

Il neige! :D

# Posté le mercredi 16 décembre 2009 08:30

Modifié le dimanche 20 décembre 2009 13:13

[ Pensée secrète ]

[ Pensée secrète ]

Elle est infatigable. Elle survole les rues. Les lumières nocturnes glissent sur son corps flamboyant. C'est une flamme au quotidien, une flamme sans lendemain.

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Les arcs-en-ciel sont en voie de disparition. Il est trop tôt, c'est pas l'heure à 17 ans de se dire qu'on ne verra plus jamais un arc-en-ciel. Tout ça à cause du tic-tac de la montre à gousset cachée dans le tiroir du mur d'en face.

Ça, c'est juste pour dire que parfois, des phrases me viennent et n'ont rien à faire là.


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# Posté le vendredi 11 décembre 2009 15:37

Modifié le vendredi 11 décembre 2009 18:41

Je mange des cailloux.

Je mange des cailloux.

Moquez-vous, mon ½il ne vous entend pas! :D


On ira marcher dans des rues où les trottoirs sont brillants.
On fera n'importe quoi et nos rires résonneront dans l'immensité
de nos esprits vidés de tous leurs fantômes.

© Avant-moi_______________________

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 14:30

Modifié le lundi 07 décembre 2009 17:14

S'inventer pour mieux s'apprécier.

S'inventer pour mieux s'apprécier.
Photo : Anciennement moi.________ ____


Et éventuellement, pour ceux qui veulent, un petit accompagnement...


Y a tes lèvres sur les miennes.
Qu'est-ce qu'elles foutent là?
J'aime pas ça, j'aime pas du tout ça.
Retire-les s'il te plait.

Y a tes yeux dans mes yeux.
Qu'est-ce qu'ils foutent là?
J'aime pas ça, j'aime pas du tout ça.
Retire-les s'il te plait.

Y a ton odeur dans ma tête.
Qu'est-ce qu'elle fout là?
J'aime pas ça, j'aime pas du tout ça.
Retire-la s'il te plait.

Y a mon coeur dans tes mains.
Qu'est-ce qu'il fout là?
J'aime pas ça, j'aime pas du tout ça.
Rends-le moi s'il te plait.

© Avant moi________ ____

# Posté le mardi 01 décembre 2009 15:57

Modifié le samedi 05 décembre 2009 17:18

Un début qui n'a pas encore trouvé sa fin.

Un début qui n'a pas encore trouvé sa fin.

Je suis infréquentable. Mon corps respire le sexe. Mes yeux dégoûtent et mes mains aspirent à la débauche. Je dis tu aux vous et rien aux tu. Je me fais payer des cafés sans rien demander. Je donne un billet et le récupère avant de l'avoir lâché. Mon coeur est une citerne métallique. Tout sonne faux quand ça tombe dedans, dans la pompe qui aspire mon sang comme un gamin qui siffle une canette de coca.

Il ouvre la porte-fenêtre du café-restaurant et passe devant moi en disant que les hommes précèdent les femmes dans ces établissements. Il bafouille un sourire, se moque, c'est aérien. On prend place. Des yeux virevoltent de l'autre côté, plissés par le vent frais de cet automne enivrant. Et ça nous scrute. Nous sommes la Joconde à deux. Manquent les flashs et le sourire décousu. On commande. Un chocolat chaud. Deux. Le soleil en a marre, il se casse. La lune tente une approche mais nous sommes trop bas pour converser avec elle. Les lumières sont rouges, chaudes, presque trop. Elles nous permettent de savoir que la personne à qui l'on parle ne s'est pas faite remplacée. Les tasses se vident et laissent place aux verres dangereux.

Mes yeux s'étourdissent et s'attardent sur les tissus qui couvrent son corps. L'alcool s'empare de ma raison et je reste accrochée à sa chemise fluide. Noire, légère. Deux ou trois attaches déboutonnées. Autant d'attaches que de verres. Il a desserré sa cravate. Noire, elle aussi. De toute façon, elle avait atterri là par hasard, par humour. Il ne se prenait pas assez au sérieux pour porter une cravate sérieuse. Mes mains s'accrochaient à mes genoux, de toutes leurs forces pour ne pas totalement la dénouer, cette excroissance toute en soie.

Une main s'agite devant ma figure et me sort d'un sommeil imaginé. Ma vision somnolait devant l'imperfection irrésistible de cet homme. Mal rasé. Les autres ont l'air de se négliger en gardant leur barbe de trois jours. Pas lui. Ça lui donne quelque chose de plus. Une horde de clichés amoureux vient frapper aux portes de mon esprit. Je tente de les faire fuir. Je les intime des pensées qui me tiennent assise sur cette banquette, en face de lui. Ils se choquent et s'en vont. Je déteste les clichés, toutes ces imbécilités qui vous rendent complètement con devant un individu qui ne l'est pas. Ou, qui l'est suffisamment peu pour ne pas vous en psalmodier.

Le décor se met à tournoyer. Danse furibonde d'une ivresse mal calculée. Je me sens vaciller mais c'est lui qui bouge. Il n'a aucune idée de l'effet qu'il me fait. Il est un bar à lui tout seul. Des centaines de bouteilles qui se vident à l'intérieur de moi. Une présence comme la sienne, on n'y échappe pas. Quand on y goute, on en veut encore. Le « tout ou rien » n'existe plus.

La porte fenêtre s'ouvre dans le sens inverse. Il me suit, me dit qu'il préfère rester derrière moi, au cas où je tomberais. Je ne suis pas si alcoolisée que ça. Tous ces liquides colorés ne me donnent qu'une légèreté passagère. Le reste, c'est de sa faute.

© Avant-moi
Fin (?)

# Posté le mardi 24 novembre 2009 16:48

Modifié le samedi 05 décembre 2009 17:18

Pensée automnale.

Pensée automnale.


Il y a trois semaines que ça dure, maintenant. Je sors enfin de chez moi. Ça craque sous mes pas, ça croustille. Bruissement exquis. Le feu s'empare des arbres, des trottoirs, des parcs. Mélancolie automnale. Saison presque médiévale. Je me sens bien. Le vent froid qui souffle sur mon visage, qui me décoiffe. Quelle délicieuse sensation. Les regards me glissent dessus. La saison des vieux amours qui durent, qui durent. Ressentir le début d'un évanouissement naturel en passant devant le grand chêne flamboyant. Chaque bourrasque me libère de ma prison de chair. Je m'envole, je deviens feuille parmi les feuilles. Le ciel gris fait ressortir tes iris. Le noir de tes yeux me revient en ------automne. La mélodie s'infiltre en moi, me rappelle les températures, les mouvements de ta veste de novembre.

© Avant-moi

# Posté le lundi 16 novembre 2009 15:54

Modifié le samedi 05 décembre 2009 17:17